17/03/2015, jour 3: Huy – Vezin

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Une bonne nuit réparatrice m’aura vite fait oublié la froideur de la nuit précédente, et c’est dans une joyeuse ambiance que ce matin, nous prenons notre café. La maison dort encore, Gianni prépare sa journée à pas feutrés, alors que dans un silence monacale, je replie soigneusement mes affaires.

Le soleil nous inonde déjà. Les oiseaux nous saluent de leurs chants mélodieux, ils m’accompagneront toute la journée, qui s’annonce, ma foi, bien agréable. Sur le trottoir, nous osons enfin parler sans risquer de réveiller la maisonnée. Gianni rit de me mettre en scène, sous prétexte de montrer à chacun à quoi ressemble son ami pèlerin. Je m’en amuse et me prête au jeu de bonne grâce. Quelques instants volés avant, pour lui, de partir travailler. Son temps presse. Pas le mien !

Il me déposera en voiture là où la veille il était venu me chercher. La ville s’éveille, les gens marchent tête baissée, certains courent. Des étudiants nonchalants rient. Peut-être amusés de me voir passer… La vie s’anime, alors que j’attends patiemment l’ouverture de l’Hôtel de Ville pour y faire estampiller ma crédentiale oubliée la veille ! Ca m’apprendra !

Le précieux sésame dûment complété, je démarre enfin. Rude montée par les contreforts de la citadelle, mise en jambe forcée, mais quelle récompense de déboucher sur le plateau de Solières et ses magnifiques bois ! Les beaux jours arrivent, les rayons lumineux traversent les branches encore décharnées, un torrent clapote à mes cotés, un léger voile brumeux achève le tableau fantasmagorique. Je découvre des paysages insoupçonnés, des forêts peuplées d’elfes et de fées. Dans l’euphorie des premiers jours, tout me ravit.

La majestuosité des lieux ne laisse pas de place aux peurs et aux regrets. Quel bonheur de n’avoir pour partenaire que la nature et soi-même. Sans le savoir, pourtant, cela contribue insidieusement à mettre en place ce que j’appellerai plus tard ma Grande Lessive… Mais pour l’heure, je profite de chaque pas, chaque bouffée d’air, chaque paysage.

Je descends maintenant en pente douce vers la Meuse, qui déroule son lit paisible au milieu des quais bétonnés et des usines. Trouvant un rare coin d’herbe accueillant, j’en profite pour m’allonger au soleil et savourer mon repas, qui comme à l’accoutumée, sera composé d’un morceau de pain et de saucisson ou de fromage. Puis la satisfaction de s’endormir pour une petite sieste, caressé par les chauds rayons et bercé par le chant de mes compagnons du jour.

Trente minutes suffisent, et debout, occupé à me harnacher, un bateau, toutes sirènes hurlantes, me salue. Sait-il seulement qui je suis et où je vais ? Je ne le saurai jamais! Mais ses encouragements me motivent à reprendre ma route sur ce halage asphalté. Je ne quitterai ces sols durs et tristes avant la fin de cette journée. Les villages se suivent, la collégiale d’Andenne me paraît bien austère, Sclaigneaux m’amène au pied de Vezin. Un dernier effort, quelques kilomètres le long d’une chaussée fort fréquentée, et me voilà arrivé chez Sylvie. Car pour la deuxième nuit consécutive, je suis encore généreusement accueilli.

Sylvie, elle ne se raconte pas, elle se vit ! C’est une passionnée passionnante, qui consacre une bonne partie de son existence à arpenter les différents Chemins. Son site, dans lequel elle partage son expérience et sa philosophie, est une bible de référence pour qui veut se lancer dans l’aventure. Et c’est au détour de quelques échanges de mails, qu’elle m’avait proposé l’hospitalité.

Sylvie, c’est une maison, un foyer, une famille. Et le repas préparé et partagé avec ses enfants, aussi simple que délicieux, fut un plaisir ! J’étais chez moi, je me sentais bien… Et ce soir encore, dans un vrai lit, avec une vraie couette, après une vraie douche, je ferai de beaux rêves !

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©  Luc BALTHASART, 26/10/2015

4 réflexions au sujet de « 17/03/2015, jour 3: Huy – Vezin »

  1. Cher Luc, quel plaisir que de revoir ces paysages et ces tranches de vie… quelle émotion de découvrir ton regard posé sur ce Chemin, de te voir agenouillé à Santiago, de retrouver les visages de Olivier et Alain au décours des jours…
    Merci pour ce témoignage qui nous a beaucoup touché, et nous remet sur le Chemin.
    Nous t’embrassons, et espérons te revoir un jour,
    Eric et Anne-Claude

    1. Coucou les Amoureux,
      Quel bonheur de vous retrouver ici!
      Que de routes et de rires partagés, que d’émotions échangées, de regards et de mots!
      J’ai maintenant l’honneur et le plaisir de vous compter parmi mes lecteurs.
      A ce jour, ce site est encore un peu décharné, mais je vais m’efforcer de l’étoffer au fil du temps!
      A bientôt,

      Luc

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