18/03/2015, jour 4: Vezin – Rivière

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Réveil en douceur ce matin, bien au chaud sous une couette bien douillette! Alors que j’entends Sylvie occupée à prendre une douche, je descends lentement rejoindre les enfants. Je suis bien entouré, entre Florine, Ferdinand et Joséphine. Tel un coq en pâte, je m’installe à une table accueillante, le café fumant et le pain frais à disposition. Sylvie nous rejoint, tout sourire, me remet le livre d’or, et presse les enfants de ne point trainer à se rendre à l’école. C’est avec un certain détachement que j’observe ce petit manège, amusé d’écouter les remarques cinglantes de Flo, la petite clown de service.

Sitôt dit, sitôt fait, Sylvie emmène la compagnie, me laissant seul avec le magnifique recueil à compléter. Je m’y applique: je ne peux que souligner son accueil et sa générosité.  A son retour, le temps de changer de chaussures, la voilà m’accompagnant pour me remettre sur le bon Chemin… Passage par Wartet et son église, quelques kilomètres volés à deviser avec cette mordue du Chemin, une chaleur dans le cœur, des étincelles dans le regard! Son enthousiasme motiverait un car de culs-de-jatte dépressifs à se lancer dans l’aventure…

Puis nous voilà à la sortie du village, avec son château en cours de restauration. Le temps d’attendre son mari qui vient la rechercher, le temps aussi de quelques dernières photo avec elle.  Et me voilà à nouveau seul arpentant ces routes et ces sentiers tant de fois empruntés par autant de pèlerins bien avant moi. Combien donc par la suite emboiteront mes pas? Je ne peux m’empêcher de penser à mon ami Paul, qui a parcouru chaque lieue 5 ans auparavant.

Dans les bois de Marche-les-Dames, nulle possibilité de se tromper: une âme bienfaisante a jalonné chaque arbre de coquilles bien blanchies. Je soupçonne un temps Sylvie, il faudra que je l’interroge à ce sujet. Puis c’est à Beez que je rejoins et franchis la Meuse. Quelques arpents me séparent encore de Namur, ça sera par le halage que j’atteindrai le Grognon, non sans passer auparavant par une Maison de Jeunesse décorée toute en finesse de phrases qui m’interpellent.

Namur… C’est dans ces grandes villes qu’explose à la figure cette indifférence et l’individualisme de nos sociétés. Je ne me sens pas encore un autre, mais je ne suis déjà plus tout à fait pareil. Et parcourir les rues noircies d’une foule compacte en ce mercredi  ensoleillé me dérange. Je ne suis pas « un indien dans la ville », mais presque, et c’est tout petit que je cherche la sortie! Citadelle, où es-tu? C’est de ton sommet que je reprendrai mon souffle et admirerai cette fourmilière!

Échappé du tumulte de la ville, me voilà maintenant chemin faisant. Si le reste de la journée s’annonce plus calme et verdoyante, il n’en reste pas moins que je ne sais où loger ce soir. Peu importe, il m’en faut plus pour effacer cet esprit de liberté. Mais l’heure tourne, et le soleil rasant ne suffit plus à me réchauffer. Confiant en la providence, je m’en vais quérir un abris au presbytère de Bois-de-Villers. Le curé, bien embêté de ne pouvoir me loger, me propose toutefois une solution qui me sied. Il se fait tard, j’ai déjà parcouru 25 km, la fatigue commence à se faire sentir, et le soir commence à poindre le bout de son nez. Il m’offre le gîte au presbytère désaffecté de Rivière. Un logement, une maison pour moi tout seul, avec un lit, et en prime, il  rallumera le chauffage. Que voilà une généreuse proposition. Mais Rivière est à 7km. Et bien qu’il me propose de m’y emmener en voiture, je me fais un point d’honneur à ne pas biaiser, je les ferai à pieds. Mais au pas de courses, et à la lueur de ma frontale!

Haletant, fumant, j’arrive enfin à la maison. Monsieur le curé m’y attend. Une douce chaleur envahit déjà ces murs austères. Un couloir jauni et mal éclairé, des pièces encore meublées, une autre,  étrange, tapissée de palmiers, une penderie, perdue dans une chambre vide, mais encore garnie d’habits sacerdotaux, et une autre chambre, au matelas bien rembourré. L’ensemble confère à cet endroit une sensation étrange. Quels esprits hantent ces lieux? Je serai seul ce soir. Le serai-je vraiment? Verrai-je une aube virevoltante, entendrai-je des grincements ou des ricanements? Je ne me plains pas, mais je fermerai quand même les portes derrière moi… Bonne nuit en perspective!

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©  Luc BALTHASART, 04/11/2015

2 réflexions au sujet de « 18/03/2015, jour 4: Vezin – Rivière »

  1. Ha ha oui c’est moi qui ai mis les coquilles blanches dans la foret de Marche-les-Dames! Marrant que tu l’aies deviné… C’était pour la marche parrainée de l’école de Wartet (l’école de Florine) en 2014.

    1. A quelques encablures de ton nid, il ne pouvait en être autrement ! J’aurai du parier un paquet de cacahuète que ces coquilles venaient de toi 😉
      Encore merci pour ton accueil et l’agréable soirée passée en ta compagnie, avec tes enfants.
      A bientôt,
      Luc
      PS: navré de n’avoir pu participer à ta soirée retrouvaille. Mais ça n’est que partie remise, et espérons qu’à la suivante, je puisse m’y rendre.

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