Troubadour!

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Troubadour… un mot qui me sied !

Du haut de sa forteresse, une princesse fixait un horizon démesuré.

« Ah quoi bon rêver ? », se disait-elle, « Je n’ai personne pour m’y accompagner ! »

Vint alors un troubadour accoutré de guenilles désargentées. Il se mit à conter…

Au son de sa voix, la princesse baissa les yeux sur ce pantin de bois désarticulé.

« Qui es-tu ? », demanda-t-elle d’un ton suspicieux.

« Je suis ton amoureux ! », répliqua le troubadour transi d’amour !

« Passe donc ton chemin, troubadour, je n’ai point besoin d’amour ! Un jour, un prince se présentera, c’est lui que je devrai adorer, fut-ce contre mon gré ! »

« Princesse, ô ma Princesse, ne penses-tu pas que l’amour d’un troubadour est de loin préférable à celui d’un prince intéressé ? »

A ces mots, elle resta perplexe, et disparut se réfugier au sein de sa citadelle qu’elle pensait inexpugnable !

Mais les mots du troubadour l’avaient troublée, alors qu’il restait là à patienter.

Elle savait qu’un troubadour était capable de bien des tours et jouait des mots comme autant de lego ! Se pouvait-il qu’il soit sincère dans sa façon d’être ? Elle n’en dormait plus, pensant le jour, rêvant la nuit. Elle se remémora cet horizon si lointain, tellement fleuri. Elle se demandait si derrière, le soleil se couchait. Et si les fleurs mouraient…

Elle avait tant souhaité y aller, attendant un prince bien peu charmant, et voici qu’un troubadour non moins glamour lui contait fleurette. Que penseraient donc les gens d’une princesse qui s’affiche avec un manant ? Il lui fallut du temps. Et il était là, attendant…

Puis un jour, il entendit le pont-levis grincer imperceptiblement, il le vit s’abaisser lentement, et découvrit sa princesse toute vêtue de rose et de blanc.

Le chemin qui leur semblait alors si rocailleux, se couvrit de pétales. L’horizon s’offrait à eux, et main dans la main, ils avancèrent, heureux.

Viens, Princesse, n’aie crainte. Le troubadour est ton prince. Sous de banales apparences, il souhaitait juste que tu l’aimasses pour ce qu’il est. Mais il est là, il est à toi, tu l’attendais.

L’horizon s’offre à toi, ris, crie, avance, cours ! Il t’attendait…

© Luc BALTHASART, 17/09/2015

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